FEGAFOOT : Marche des candidats recalés : La Rue chemin de la tempête et du crépuscule



Depuis  la confirmation de la candidature de Pierre Alain Mounguegui par le collège électoral de Fédération Gabonaise de Football ( FEGAFOOT) , une crise entretenue par certains candidats recalés est devenue le révélateur  d'une absence de culture de tolérance et des rudiments institutionnels, notamment les textes, et les institutions encadrant la pratique du football et l'ordonnancement de son administrative du sport.

 Que ce soient les organes impliqués dans le processus électoral de la convocation des candidatures, de la publication des candidats retenus ayant satisfait au critères d'éligibilité, jusqu'à l'élection et la gestion des contentieux. L’épisode en cours autour de l’élection à la Fédération Gabonaise de Football rappelle  des réflexes déviants et une culture instrumentale  de politisation utilisés par des candidats recalés après la publication de la candidature unique de leur concurrent Pierre Alain Mounguegui , candidat à sa propre succession. Cette crise qui n'arrange pas le football s'éloigne même des valeurs  sportives que sont le fair-play, la tolérance et la paix. Cependant 
 derrière les candidatures rejetées, derrière les indignations bruyantes et les mots enflammés, se joue en réalité un affrontement plus profond. celui du droit contre la rue, de la règle contre l’émotion, de l’institution contre l’instinct. L'institution Fédération Gabonaise de Football mérite bien plus que des managers Fantaisistes. Cela se justifie avec l'acuité des faits.  Pourquoi ceux qui choisissent les recours du maquis ( la Rue )  aujourd'hui ont-ils été candidats recalés? Pourquoi choisissent-ils  de contourner les voies de recours prévues par  les dispositions et réglementation pour investir le terrain de la dramatisation populaire ?  
C'est  simplement à ce niveau qu'il est important de comprendre  la mauvaise foi et les engagements d'usure. Dans la presse l'on a pu lire des titres annonçant une tempête crépusculaire et des arguments  pour du moins catastrophistes dans la tenue de cette échéance électorale : “hold-up”, “confiscation”, “injustice”. Et comme souvent lorsque le droit résiste, la rue est convoquée comme ultime instance de légitimation.
Mais le football n’est pas un théâtre d’improvisation politique ou de l'arbitraire. Il est, qu’on le veuille ou non, une sphère  et domaine organisé par des textes. Lui conférant une légitimité et exigeant à ses acteurs, des obligations. Dans cette stratégie tentaculaire des candidats recalés et leurs adeptes, l'on peut s'apercevoir que l'enjeu pour ces derniers est de ruiner les motifs légitimes du rejet de leurs candidatures «fantaisistes» et «insuffisantes» pour la plus part.  Il apparaît donc comme un choc de civilisation : l’ordre juridique contre les  réflexes  de notre écosystème politique national. Où semble souvent occulter des enjeux fondamentaux pour des intérêts personnels et alimentaires.
Ce qui frappe dans cette  vaste campagne  sur le marché de la conviction, c’est cette tentation presque devenue réflexe de plaquer les schémas de la vie politique nationale sur un univers ( le sport ) qui leur est fondamentalement étranger. Comme si une élection Fédérale relevait du suffrage populaire. Comme si l’opinion pouvait infléchir la règle de droit et les principes indiscutables y relatifs.
Or, dans l’architecture du football mondial, la norme est d’une clarté presque doctrinale. Sous l’égide de la Fédération Internationale de Football Association et de la Confédération Africaine de Football, les fédérations sont juridiquement autonomes. Cette autonomie n’est pas une commodité : elle est une exigence.
Elle repose sur un principe cardinal, intangible : l’indépendance absolue vis-à-vis des pouvoirs politiques ou autres .
Dès lors, appeler à une marche vers le ministère des Sports n’est pas seulement une posture contestataire indigne. C’est une faute conceptuelle, c'est une erreur de lecture des situations et s'apparente à  une dérive de l'engagement. L'objectif étant de semer la confusion.  Il faut ici parler avec la netteté de la vérité des Grecques qui pourrait déranger celle des Juifs pour ne pas dire celle des« justes »: l’État n’a pas compétence pour arbitrer cette élection. Il ne peut intervenir sans violer les normes internationales auxquelles la fédération est soumise.
Car toute immixtion politique ouvrirait la voie à des sanctions connues, documentées, redoutées : On peut noter entre  autres suspension, isolement, effacement du football gabonais de la scène internationale.
Le paradoxe est cruel : au nom d’une prétendue justice, certains prennent le risque d’organiser des marches  généreuses  de la décrédibilisation,  celle qui pourrait  saper l'image de marque de la confiance de notre pays le Gabon au niveau international.
La fabrication d’un récit crépusculaire et des tentacules diverses pour saper le processus électoral en cours s'inscrit dans une dynamique  d'agitation, une  mécanique bâtie par les évangélistes de la tragédie de l'autre , pour défier la règle de droit et les principes fondamentaux du Sport. Cette  scénographie vise , à y lire la Presse thuriféraire, planifier une éventuelle crise sportive pouvant déboucher sur le terrain des inconnus et des incertitudes.

Comme  dans la culture politicienne où tous les coups semblent être permis, Ces acteurs s'activent à profusion dans des stratagèmes visant à désigner une figure , en l’occurrence Pierre-Alain Mounguengui en bouc-émissaire.  Amplifier de la désinformation autour du processus et entretenir un discours lui présentant comme celui qui mérite la sentence de Plaute. En sapant son image  et fustigeant l'organisation de l'élection du 18 avril prochain vise à installer dans l’opinion l’idée d’un verdict déjà écrit : celui de l’illégitimité de sa candidature.
Mais le droit, lui, ne se laisse pas impressionner par les récits. Il pose une question simple, presque froide : les textes ont-ils été violés ?
Car c’est là, et là seulement, que se joue la vérité.
Les statuts, le code électoral, les organes juridictionnels de la FEGAFOOT existent pour cela. Ils ne sont ni décoratifs ni facultatifs. Ils sont la colonne vertébrale de la légitimité et de crédibilité.
Les ignorer, c’est substituer au droit une forme de populisme sportif où la vérité se mesure au volume des clameurs.

Au fond, cette affaire n’est pas qu’une crise de football. Elle est une crise de culture. Une difficulté persistante à accepter que la règle puisse contrarier l’ambition personnelle de certains concurrents à Pierre Alain Mounguegui. Une tentation permanente de contourner la norme lorsque celle-ci résiste.
Et c’est ici que la leçon doit être posée avec gravité : les textes ne sont pas des accessoires. Ils sont le socle et  le seuil même de toute organisation. 
Sans eux, il n’y a ni ordre, ni arbitrage, ni crédibilité. Il n’y a qu’un espace livré à la force des hégémonies, à l’influence , à la pression et aux  passions malaisantes.

Les conséquences du populisme et des passions sur le Football. 


Ce qui se joue aujourd’hui dépasse de loin une élection. Car si la rue devient un recours légitime, si la pression politique devient une méthode acceptable, alors chaque échéance future portera en elle les germes de la contestation permanente.
Ce ne sera plus un système. Ce sera un désordre organisé.
Le football ne sera plus gouverné. Il sera disputé.
Le football gabonais est désormais à l’épreuve de lui-même. Entre la rigueur des textes et la facilité du tumulte, il lui faut choisir.
Car dans toute République digne de ce nom, la vraie question n’est jamais celle de la victoire. Elle est celle de la défaite. Et plus encore, celle de la manière de la contester.
Dans le respect des règles, ou dans le fracas des passions populistes.
Entre ces deux voies, il n’existe pas d’alternative. Après le verdict du collège électoral et les instances de recours légitimes, la rue n'est pas une voie à suivre dans le Processus Électoral. Car la rue  est le commencement des excès et des faux succès. 

Par ROY ATIRET BIYE, Journaliste et Éditorialiste Politique 
Certifié IDEA International en Analyse politique et électorale.
En Spécialisation en Francophonie, Stratégie et Relations Internationales.

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