« Il n’y aura pas de dynastie Oligui » : face à France 24, Brice Clotaire Oligui Nguema promet de respecter la Constitution

Dans une région souvent marquée par les révisions constitutionnelles de convenance et les prolongations de pouvoir à répétition, les mots du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema résonnent comme une déclaration politique majeure. Invité de l’émission En tête à tête sur France 24, le chef de l’État a assuré qu’il respecterait strictement les limitations de mandat inscrites dans la nouvelle Constitution gabonaise.
Une prise de position forte, prononcée dans un climat africain où la question de l’alternance démocratique demeure sensible et parfois explosive.
« Je suis un démocrate »
Face à la question directe du journaliste sur la tentation du pouvoir à vie, Brice Clotaire Oligui Nguema a répondu sans détour :
« Je suis un démocrate. Je suis respectueux des lois parce que je crains Dieu. »
Le président a rappelé que la Constitution actuelle a été élaborée durant la transition politique qu’il a conduite avec les forces armées. Selon lui, cette Loi fondamentale a volontairement verrouillé certains principes afin d’empêcher toute dérive future.
Parmi ces garde-fous figure l’intangibilité de la limitation des mandats présidentiels, un mécanisme destiné à empêcher toute modification opportuniste de la Constitution pour prolonger un règne politique.
En d’autres termes, le président affirme avoir lui-même contribué à ériger les barrières qui limiteront son propre pouvoir.
La rupture avec l’ère des dynasties politiques
Mais c’est surtout une phrase qui a marqué les esprits :
« Il y a eu une dynastie Bongo, il n’y aura pas de dynastie Oligui. »
En prononçant ces mots, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche visiblement à se démarquer de plusieurs décennies de pouvoir héréditaire au Gabon. Le président a même précisé que la Constitution interdit désormais qu’un fils succède directement à son père à la magistrature suprême.
Une disposition hautement symbolique dans un pays encore marqué par plus d’un demi-siècle de domination de la famille Bongo.
À travers cette réforme, le pouvoir entend envoyer un signal clair : celui d’une volonté affichée de rompre avec les mécanismes de succession dynastique qui ont longtemps structuré la vie politique nationale.
Entre promesse politique et exigence de crédibilité
Ces déclarations interviennent alors que de nombreux observateurs africains restent prudents face aux engagements présidentiels concernant les limitations de mandat. Sur le continent, plusieurs chefs d’État ont par le passé promis de respecter les Constitutions avant d’en modifier les dispositions une fois consolidés au pouvoir.
C’est précisément cette méfiance que le président gabonais a tenté de désamorcer lors de son entretien.
En insistant sur le caractère « intangible » des dispositions constitutionnelles liées au mandat présidentiel, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à construire une image de dirigeant réformateur, attaché aux institutions et à la stabilité démocratique.
Mais au-delà des discours, c’est le temps qui jugera la solidité de cet engagement.
Le défi de la confiance démocratique
Dans un Gabon engagé dans une nouvelle phase politique après la transition, la question de la confiance entre les citoyens et leurs institutions demeure centrale. Les promesses de limitation du pouvoir, de respect des textes et de refus des dynasties politiques constituent aujourd’hui des marqueurs essentiels de crédibilité.
En affirmant publiquement qu’« il n’y aura pas de dynastie Oligui », le président prend un engagement politique fort devant les Gabonais et devant l’opinion internationale.
Reste désormais à savoir si cette parole présidentielle s’inscrira durablement dans les faits.
Car en Afrique comme ailleurs, l’Histoire retient moins les promesses que la capacité des dirigeants à quitter le pouvoir lorsqu’arrive l’heure de partir.

Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903

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