Sahel : le discours d’Oligui Nguema résonne à travers l’Afrique et enflamme les réseaux sociaux
Dans le décor solennel du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de Libreville, récemment inauguré, le président de la République gabonaise , a livré une intervention qui résonne bien au-delà des frontières du Gabon. Interrogé sur la situation politique au Sahel lors de l’émission En tête à tête sur France 24 , le chef de l’État gabonais a choisi le ton de l’apaisement, du dialogue et de la souveraineté africaine.
À contre-courant des discours souvent marqués par la confrontation ou les injonctions diplomatiques, Brice Clotaire Oligui Nguema a défendu une approche pragmatique et respectueuse des réalités africaines. « Ce sont des États souverains », a-t-il rappelé, refusant toute logique d’imposition extérieure aux pays en transition du Sahel.
Le président gabonais a insisté sur la nécessité de privilégier les élections, non comme une pression internationale, mais comme un chemin vers la paix, la stabilité et le développement. « Si la paix va avec les élections, alors il faut aller aux élections », a-t-il martelé, dans une formule qui a immédiatement retenu l’attention des téléspectateurs africains.
Une parole mesurée qui tranche avec les tensions régionales
Dans un contexte continental marqué par les fractures diplomatiques entre certaines juntes sahéliennes et les organisations régionales, le président gabonais a évité tout ton moralisateur. Bien au contraire, il a appelé à « laisser les États se concentrer sur ce qu’ils doivent faire », tout en encourageant l’accompagnement et le dialogue.
Cette posture, perçue comme équilibrée et respectueuse, contraste avec les discours plus fermes parfois observés sur la scène internationale. Oligui Nguema a notamment plaidé pour une coopération discrète mais constructive avec les pays en transition, estimant que « regarder les États d’en haut » ne fonctionne plus dans l’Afrique contemporaine.
Pour le chef de l’État gabonais, la priorité reste la stabilité des populations africaines. Il a dénoncé les conséquences économiques et sociales des conflits armés, soulignant que les budgets consacrés à la guerre privent les citoyens d’investissements essentiels dans l’eau, l’électricité, les universités ou encore les infrastructures de base.
« L’effort des guerres n’arrange personne », a-t-il déclaré avec gravité. Une phrase largement relayée sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes africains ont salué un discours « lucide », « mature » et « profondément panafricain ».
« Le modèle gabonais » mis en avant
Au cours de son intervention, Brice Clotaire Oligui Nguema a également évoqué ce qu’il considère comme des exemples de transitions organisées sur le continent. Il a cité le Gabon, mais aussi la Guinée Bissau , estimant que ces processus peuvent inspirer d’autres États africains confrontés à des crises politiques.
Le président gabonais a aussi mentionné Madagascar et la Guinée-Bissau comme des pays engagés dans des trajectoires électorales qu’il juge encourageantes. Pour lui, l’objectif n’est pas d’imposer des modèles identiques, mais de démontrer qu’une transition apaisée et organisée reste possible en Afrique.
En filigrane, c’est une vision de la gouvernance africaine qui s’est dessinée : celle d’un continent capable de résoudre ses propres crises à travers le dialogue politique, les institutions régionales et la concertation entre États.
Une intervention largement saluée sur les réseaux sociaux
Quelques heures après la diffusion de l’entretien, les extraits de l’émission se sont multipliés sur Facebook, TikTok, X et YouTube. De nombreux commentaires ont salué « la sagesse » et « la hauteur d’esprit » du président gabonais.
Sur plusieurs plateformes, des internautes ont qualifié Brice Clotaire Oligui Nguema de « fierté africaine », estimant qu’il incarne une nouvelle génération de dirigeants africains davantage tournés vers l’écoute, le dialogue et la stabilité.
Certains utilisateurs ont particulièrement apprécié son refus de stigmatiser les pays du Sahel, ainsi que son appel à des « solutions africaines ». Une expression devenue centrale dans les débats géopolitiques du continent.
Dans un climat international souvent dominé par les rapports de force, cette prise de parole a donné l’image d’un dirigeant cherchant davantage à rassembler qu’à diviser.
Une diplomatie du dialogue
Au-delà du simple commentaire politique, l’intervention du président gabonais traduit une ambition diplomatique plus large : repositionner le Gabon comme un acteur de médiation et de stabilité en Afrique centrale et sur le continent.
En rappelant que l’Union africaine doit rester au cœur des discussions concernant le Sahel, Oligui Nguema a réaffirmé son attachement aux mécanismes africains de résolution des crises. « Ce sont des problèmes africains. Et on trouvera des solutions africaines », a-t-il conclu.
Une phrase forte, devenue en quelques heures l’un des extraits les plus commentés de l’entretien.
Dans une Afrique en quête de stabilité, de souveraineté et de renouveau politique, cette prise de parole du président gabonais apparaît, pour beaucoup d’observateurs et d’internautes africains, comme le symbole d’une diplomatie plus apaisée, plus respectueuse et résolument tournée vers l’avenir.
Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903
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