𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐬 𝐥𝐞𝐬 « 𝐜𝐨𝐮𝐩é𝐬-𝐜𝐨𝐮𝐩é𝐬 » 𝐯𝐞𝐧𝐝𝐮𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐫𝐨𝐮𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 à 𝐋𝐢𝐛𝐫𝐞𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 ? 𝐋𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐢 𝐢𝐧𝐪𝐮𝐢è𝐭𝐞.


𝑳𝒆 𝒅é𝒋𝒆𝒖𝒏𝒆𝒓 à 𝒃𝒂𝒔 𝒑𝒓𝒊𝒙 𝒆𝒔𝒕 𝒅𝒆𝒗𝒆𝒏𝒖, 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆𝒖𝒙 𝒉𝒂𝒃𝒊𝒕𝒂𝒏𝒕𝒔 𝒅𝒖 𝑮𝒓𝒂𝒏𝒅 𝑳𝒊𝒃𝒓𝒆𝒗𝒊𝒍𝒍𝒆, 𝒖𝒏𝒆 𝒏é𝒄𝒆𝒔𝒔𝒊𝒕é 𝒅𝒊𝒄𝒕é𝒆 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒅'𝒂𝒄𝒉𝒂𝒕. 𝑴𝒂𝒊𝒔 𝒋𝒖𝒔𝒒𝒖'𝒐ù 𝒑𝒆𝒖𝒕-𝒐𝒏 𝒔𝒂𝒄𝒓𝒊𝒇𝒊𝒆𝒓 𝒍𝒂 𝒔é𝒄𝒖𝒓𝒊𝒕é 𝒂𝒍𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒂𝒖 𝒏𝒐𝒎 𝒅𝒆 𝒍'𝒂𝒄𝒄𝒆𝒔𝒔𝒊𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕é ? 𝑳𝒂 𝒔𝒄è𝒏𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒔'𝒆𝒔𝒕 𝒅é𝒓𝒐𝒖𝒍é𝒆 𝒂𝒖 𝒄𝒂𝒓𝒓𝒆𝒇𝒐𝒖𝒓 𝑹𝒊𝒐, 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒕𝒓𝒐𝒊𝒔𝒊è𝒎𝒆 𝒂𝒓𝒓𝒐𝒏𝒅𝒊𝒔𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝑳𝒊𝒃𝒓𝒆𝒗𝒊𝒍𝒍𝒆, 𝒓𝒆𝒎𝒆𝒕 𝒃𝒓𝒖𝒕𝒂𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒒𝒖𝒆𝒔𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒂𝒖 𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆 𝒅𝒖 𝒅é𝒃𝒂𝒕 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒄.

Dans ce haut lieu de commerce et de forte affluence, un vendeur ambulant de « coupé-coupé » transportant sa marchandise dans une brouette a été vivement pris à partie par des riverains. Selon plusieurs témoins, la viande proposée à la vente présentait un état suspect, certains affirmant avoir constaté la présence d'asticots. Ces allégations, largement relayées sur place, ont suscité l'indignation des habitants et ravivé les inquiétudes sur la qualité des aliments vendus dans la rue.
Au-delà de cet épisode, c'est tout un système de restauration informelle qui interroge. Chaque jour, dans les principaux carrefours de Libreville, d'Akanda, d'Owendo ou de Ntoum, des dizaines de vendeurs ambulants proposent des sandwichs garnis de « coupé-coupé », vendus entre 300 et 500 francs CFA, voire davantage selon la quantité demandée par le client. Une offre qui séduit par son prix et sa rapidité, mais dont l'origine des ingrédients demeure, dans bien des cas, inconnue du consommateur.
Quelle est la nature exacte de cette viande ? Provient-elle d'abattoirs agréés ? A-t-elle été inspectée par les services vétérinaires ? Est-elle conservée dans le respect de la chaîne du froid avant d'être découpée puis vendue en pleine rue, souvent sous un soleil accablant ? Autant de questions auxquelles les clients n'obtiennent généralement aucune réponse.

Pour des milliers de travailleurs, d'élèves, d'étudiants, de chauffeurs de taxi ou de commerçants, ces sandwichs constituent le repas le plus accessible de la journée. Pourtant, en achetant un pain garni de viande dont ils ignorent totalement la provenance, ils prennent parfois un risque sans même en avoir conscience.

La sécurité alimentaire ne se limite pas au goût ou au prix. Elle commence par la traçabilité des produits, le respect des règles d'hygiène, les conditions de conservation et les contrôles sanitaires. Une viande mal conservée ou contaminée peut être à l'origine d'intoxications alimentaires, de gastro-entérites sévères, d'infections bactériennes ou parasitaires, avec des conséquences parfois dramatiques pour les personnes les plus fragiles.
Il convient toutefois de souligner que cet incident ne permet pas de conclure que l'ensemble des vendeurs ambulants commercialisent des produits impropres à la consommation. En revanche, il met en lumière la nécessité de contrôles plus rigoureux et plus réguliers afin d'écarter les pratiques dangereuses et de protéger les consommateurs.

Cette affaire pose également une question de responsabilité publique. Qui contrôle réellement ces points de vente improvisés ? Qui vérifie l'origine des viandes, les conditions de transport, la qualité des produits et le respect des normes d'hygiène ? Les citoyens sont en droit d'attendre des réponses claires.

L'Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), les services vétérinaires, les autorités municipales et les administrations compétentes sont aujourd'hui appelés à renforcer les inspections sur le terrain. L'objectif n'est pas de stigmatiser la vente ambulante, qui constitue une source de revenus pour de nombreuses familles, mais de garantir que les aliments proposés à la population ne mettent pas sa santé en péril.
L'affaire du carrefour Rio dépasse ainsi le simple fait divers. Elle rappelle qu'un sandwich vendu quelques centaines de francs CFA ne devrait jamais coûter la santé, voire la vie, de celui qui le consomme. Dans un contexte où la protection des consommateurs est une responsabilité collective, chaque aliment vendu dans l'espace public doit répondre à une exigence fondamentale : être sûr, sain et conforme aux normes sanitaires. La confiance des citoyens ne peut se construire que sur cette garantie.

Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903 

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