𝗦é𝗯𝗮𝘀𝘁𝗶𝗲𝗻 𝗠𝗶𝗴𝗻é, 𝗮𝘂-𝗱𝗲𝗹à 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘁𝘀 : 𝗾𝘂𝗲 𝗿é𝘃è𝗹𝗲 𝘃𝗿𝗮𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗮 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻 ?
𝐒𝐚𝐦𝐞𝐝𝐢 𝟐𝟓 𝐣𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐭 𝟐𝟎𝟐𝟔, 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞 𝐜𝐢𝐞𝐥 𝐝𝐮 𝐬𝐭𝐚𝐝𝐞 𝐝'𝐀𝐤𝐨𝐚𝐤𝐚𝐦 à 𝐎𝐲𝐞𝐦, 𝐣'𝐚𝐢 𝐞𝐮 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐢𝐥è𝐠𝐞, 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐠𝐚𝐛𝐨𝐧𝐚𝐢𝐬 , 𝐝'é𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐬é𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐮𝐫 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐏𝐚𝐧𝐭𝐡è𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐆𝐚𝐛𝐨𝐧, 𝐒é𝐛𝐚𝐬𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐌𝐢𝐠𝐧é. 𝐂𝐞𝐭 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐚 𝐬𝐮𝐢𝐯𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐅𝐄𝐆𝐀𝐅𝐎𝐎𝐓, 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐀𝐥𝐚𝐢𝐧 𝐌𝐨𝐮𝐧𝐠𝐮𝐞𝐧𝐠𝐮𝐢, 𝐪𝐮𝐢 𝐦'𝐚 𝐢𝐧𝐭𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭 𝐚𝐮𝐩𝐫è𝐬 𝐝𝐮 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐜𝐢𝐞𝐧 𝐟𝐫𝐚𝐧ç𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐜𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞𝐬 : « 𝐉𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞-𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞. »
Ce n'est sans doute pas un hasard si ce premier contact avec le football gabonais s'est noué précisément à Oyem, en pleine finale du Championnat national U17. Avant même de jauger ses futurs cadres, Migné a choisi d'observer la relève. Un symbole qui ne trompe pas : sa profession de foi envers la jeunesse n'est pas un discours de circonstance, elle s'appuie sur ce qu'il vient tout juste de voir sur le terrain.
Cette étape franchie, notre échange s'est engagée. J'en tire plusieurs enseignements.
**Premièrement**, j'ai rencontré un stratège à la vision aussi prospective que pragmatique pour redresser le football gabonais. Il croit, sans réserve, au potentiel de nos footballeurs, et il ne s'en cache pas.
**Deuxièmement**, j'ai découvert un homme d'une grande humilité, à l'écoute attentive, active même. Il prend le temps d'entendre chacun, parle moins qu'il n'écoute, et a su, dès les premiers instants, instaurer un climat de confiance rare. Il l'a affirmé sans détour : il sera à l'écoute de tous. Fait révélateur, le pronom « je » se fait discret dans sa bouche, en dix minutes d'échange, c'est le « nous » qui domine, martelé avec conviction, comme une promesse de collectif.
**Troisièmement**, son esprit d'ouverture force le respect. Il compte sur l'ensemble des acteurs du football gabonais et défend une approche résolument inclusive. Ses mots : « Je suis ouvert à travailler avec tout le monde, dans la discipline, la confiance et le strict respect des règles. »
**Quatrièmement**, le professionnalisme, sans faille. Migné mesure pleinement l'ampleur du chantier qui l'attend. Plutôt que de brûler les étapes, il entend prendre le temps d'imposer sa vision et sa philosophie de jeu. Comme il me l'a confié, avec la sérénité d'un homme qui a déjà conduit ce genre de bataille : « Les choses se feront au fur et à mesure. »
**Cinquièmement**, j'ai observé un technicien qui maîtrise déjà le contexte gabonais, son environnement sportif, ses forces, ses acteurs clés. Il défend une reconstruction de l'équipe nationale résolument tournée vers la formation et l'éclosion des jeunes talents.
En définitive, ce qui retient surtout mon attention chez cet entraîneur, c'est sa détermination à vouloir diriger les Panthères, alors même qu'il était encore sous contrat avec Haïti. À cela s'ajoute une expérience africaine solide et éprouvée : passages remarqués au Cameroun, en RDC, au Congo, au Togo et au Kenya, autant de bancs de touche où il a appris à composer avec les réalités du continent.
Sa volonté est claire : inscrire son travail dans la durée pour bâtir une équipe compétitive, à l'heure où plusieurs cadres arrivent en fin de cycle. Il s'agit donc de renouveler l'effectif, avec une bonne dose de joueurs locaux, tout en misant résolument sur la jeunesse. C'est d'ailleurs précisément ce qui l'a conduit jusqu'à Oyem.
Reste désormais à voir comment cette vision prendra forme sur le rectangle vert, à l'approche des grands rendez-vous qui attendent les Panthères : CAN 2027 et éliminatoires du Mondial 2030. Mais une dynamique nouvelle semble déjà en marche. À Oyem, dans le regard de ces jeunes joueurs qu'il est venu observer, Sébastien Migné a peut-être aperçu les premières lueurs d'un renouveau. Le Gabon, avec lui, ne se contente pas de changer de sélectionneur : il se donne les moyens d'espérer, et de rêver à nouveau grand. L'histoire ne fait que commencer, et elle promet d'être belle.
* Francis Edgard SIMA MBA*
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