𝐆𝐀𝐁𝐎𝐍 / É𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 : 𝐀𝐮 𝐜œ𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐝'𝐨𝐫, 𝐥𝐚 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐩𝐨𝐢𝐫 𝐝'𝐚𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫


𝑫𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒇𝒐𝒏𝒅𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒆𝒔 𝒇𝒐𝒓ê𝒕𝒔 𝒅𝒆 𝑴𝒂𝒔𝒔𝒊𝒎𝒂, É𝒕é𝒌é, 𝑬𝒌é𝒎𝒃é𝒍é 𝒐𝒖 𝒆𝒏𝒄𝒐𝒓𝒆 𝑰𝒌𝒐𝒚é, 𝒖𝒏𝒆 𝒂𝒖𝒕𝒓𝒆 𝒃𝒂𝒕𝒂𝒊𝒍𝒍𝒆 𝒔𝒆 𝒋𝒐𝒖𝒆 𝒍𝒐𝒊𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒓𝒆𝒈𝒂𝒓𝒅𝒔. 𝑪𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒅'𝒖𝒏𝒆 𝒋𝒆𝒖𝒏𝒆𝒔𝒔𝒆 𝒒𝒖𝒊, 𝒇𝒂𝒖𝒕𝒆 𝒅'𝒆𝒎𝒑𝒍𝒐𝒊, 𝒂 𝒄𝒉𝒐𝒊𝒔𝒊 𝒅𝒆 𝒄𝒓é𝒆𝒓 𝒔𝒂 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆 𝒂𝒄𝒕𝒊𝒗𝒊𝒕é. 𝑨𝒓𝒎é𝒔 𝒅𝒆 𝒑𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔, 𝒅𝒆 𝒑𝒊𝒐𝒄𝒉𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒅'𝒖𝒏 𝒄𝒐𝒖𝒓𝒂𝒈𝒆 à 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆 é𝒑𝒓𝒆𝒖𝒗𝒆, 𝒄𝒆𝒔 𝒐𝒓𝒑𝒂𝒊𝒍𝒍𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒂𝒓𝒕𝒊𝒔𝒂𝒏𝒂𝒖𝒙 𝒂𝒇𝒇𝒓𝒐𝒏𝒕𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒉𝒂𝒒𝒖𝒆 𝒋𝒐𝒖𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒏𝒂𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒉𝒐𝒔𝒕𝒊𝒍𝒆 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍'𝒆𝒔𝒑𝒐𝒊𝒓 𝒅'𝒆𝒙𝒕𝒓𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒒𝒖𝒆𝒍𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒈𝒓𝒂𝒎𝒎𝒆𝒔 𝒅'𝒐𝒓. 𝑫𝒆𝒓𝒓𝒊è𝒓𝒆 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒓é𝒂𝒍𝒊𝒕é 𝒔𝒐𝒖𝒗𝒆𝒏𝒕 𝒓é𝒔𝒖𝒎é𝒆 à 𝒍'𝒆𝒙𝒑𝒍𝒐𝒊𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒊𝒍𝒍é𝒈𝒂𝒍𝒆 𝒐𝒖 𝒂𝒖𝒙 𝒅é𝒈â𝒕𝒔 𝒆𝒏𝒗𝒊𝒓𝒐𝒏𝒏𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕𝒂𝒖𝒙, 𝒔𝒆 𝒅𝒆𝒔𝒔𝒊𝒏𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕 𝒖𝒏 𝒗é𝒓𝒊𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒑𝒐𝒕𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒍 é𝒄𝒐𝒏𝒐𝒎𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒒𝒖𝒆 𝒍𝒆 𝑮𝒂𝒃𝒐𝒏 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒓𝒂𝒊𝒕 𝒕𝒓𝒂𝒏𝒔𝒇𝒐𝒓𝒎𝒆𝒓 𝒆𝒏 𝒎𝒐𝒕𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒅é𝒗𝒆𝒍𝒐𝒑𝒑𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕.

Pendant que de nombreux jeunes diplômés attendent une hypothétique embauche, d'autres ont fait un choix radical : gagner leur vie grâce aux richesses enfouies dans le sous-sol gabonais. Leur quotidien est rythmé par les longues heures passées à creuser la terre, tamiser le sable et fouiller le lit des rivières, sans aucune certitude de découvrir le précieux métal.

À Massima, Étéké, Ekémbélé, Ikoyé et dans plusieurs autres zones aurifères du pays, l'orpaillage artisanal est devenu bien plus qu'un simple moyen de subsistance. Pour beaucoup, il représente une réponse concrète au chômage, un revenu permettant de faire vivre une famille, mais aussi l'espoir de bâtir un jour une véritable entreprise.

Pourtant, cette activité continue d'être associée, dans l'opinion publique, à ses dérives les plus visibles : exploitation clandestine, fraude, dégradation des écosystèmes ou conflits liés à l'accès aux sites miniers. Si ces préoccupations demeurent réelles et appellent une réponse des pouvoirs publics, elles ne doivent pas masquer une autre réalité : celle de milliers de Gabonais qui travaillent durement pour gagner leur vie avec dignité.

Le courage comme premier investissement

Sur les sites d'exploitation, les journées commencent avant le lever du soleil et s'achèvent souvent à la tombée de la nuit. Les conditions de travail sont particulièrement éprouvantes. Il faut déplacer des tonnes de terre, supporter la chaleur, les intempéries, les moustiques, les risques d'éboulement ou encore les accidents liés à l'utilisation d'équipements rudimentaires.

Orpailleur depuis plusieurs années, A.M. décrit un métier où la persévérance est souvent la seule garantie.

« C'est un travail très pénible. Il faut beaucoup de courage, d'énergie et de force physique. Nous passons parfois toute une journée à creuser sans être certains de trouver de l'or. Malgré tout, nous gagnons honnêtement notre pain grâce à ce métier. Ce qui nous manque aujourd'hui, ce sont des équipements adaptés. Avec de meilleures machines et un véritable accompagnement, nous pourrions produire davantage, travailler dans de meilleures conditions et améliorer la vie de nos familles. »

À travers ce témoignage transparaît une revendication simple : ces jeunes ne réclament pas une assistance permanente, mais les moyens de développer une activité déjà existante, dans de meilleures conditions de sécurité, de productivité et de rentabilité.

Le recensement, une première étape vers la structuration du secteur
Conscientes des enjeux, les autorités gabonaises ont lancé, il y a quelques mois, une vaste opération de recensement des orpailleurs sur l'ensemble du territoire national. L'objectif est de mieux identifier les acteurs de la filière, renforcer l'encadrement du secteur et lutter contre l'exploitation clandestine.

Cette initiative constitue une étape importante. Il est difficile d'organiser efficacement une filière sans connaître ceux qui la font vivre. Identifier les exploitants, comprendre leurs besoins, leurs contraintes et leurs réalités permet d'envisager des politiques publiques mieux adaptées.

Mais ce travail ne produira pleinement ses effets que s'il débouche sur des mesures concrètes.

Formation aux techniques modernes d'exploitation, accès facilité aux permis, création de coopératives minières, mécanisation progressive des sites, financement des équipements et accompagnement entrepreneurial pourraient constituer les piliers d'une véritable stratégie nationale en faveur de l'orpaillage artisanal.

L'enjeu dépasse la simple exploitation de l'or. Il s'agit de transformer des chercheurs d'or en chefs d'entreprise, capables de créer des emplois, de générer de la richesse et de participer durablement à la diversification de l'économie gabonaise.

Changer le regard sur l'orpaillage

Dans un contexte marqué par un chômage persistant des jeunes, l'orpaillage artisanal apparaît comme une réalité qu'il serait réducteur de considérer uniquement sous l'angle de l'informel ou de l'illégalité.

Ces femmes et ces hommes ont déjà démontré leur volonté de travailler. Ils investissent leur énergie, développent un savoir-faire acquis sur le terrain et prennent des risques quotidiens pour construire leur avenir.

Avec un meilleur encadrement, des financements adaptés et une politique publique ambitieuse, cette jeunesse pourrait devenir le socle d'une filière aurifère gabonaise moderne, responsable et créatrice de valeur.

Au fond des rivières et sous les terres rouges du Gabon, ce ne sont pas seulement des pépites qui attendent d'être découvertes. C'est aussi le potentiel d'une génération qui refuse de céder au chômage et qui demande simplement que son courage soit reconnu comme une richesse nationale.

Par Grâce Ignanga 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Qui en veut à la vie d'Emmanuel Mvé MBA ?

𝗖𝗮𝗿𝗿𝗲𝗳𝗼𝘂𝗿 𝗡𝗶𝗮𝗹𝘆 : 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿ô𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼𝘃𝗲𝗿𝘀é, 𝘂𝗻 𝗻𝗼𝘂𝗿𝗿𝗶𝘀𝘀𝗼𝗻 𝗺𝗲𝘂𝗿𝘁, 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗹è𝗿𝗲 𝗺𝗼𝗻𝘁𝗲

𝗠𝗼𝗻 𝗮𝗰𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗮𝗶𝘀𝘀𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝘂 𝗳𝗮𝘂𝘅 à 𝟱𝟯 𝗮𝗻𝘀 » : 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝘂𝗻𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗶è𝗿𝗲 𝗯𝗮𝘀𝗰𝘂𝗹𝗲 𝗮𝘂 𝗴𝘂𝗶𝗰𝗵𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹'𝗮𝗱𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻