RD CONGO / Muanda fait ses adieux à la baleine échouée : un dernier hommage entre traditions, émotion et impératifs sanitaires

Muanda (Kongo Central). Le silence qui a enveloppé la côte atlantique ce 4 juillet n'était pas celui de la mer, mais celui d'une population venue saluer une dernière fois un géant des océans. Après plusieurs jours d'émotion et de curiosité suscitées par son échouage, la baleine de près de 12 tonnes a été mise en terre selon les rites coutumiers, en présence de plusieurs chefs traditionnels et des autorités locales. Un adieu empreint de respect, où les croyances ancestrales se sont conjuguées aux exigences de santé publique.

L'inhumation du cétacé n'avait rien d'un simple enfouissement. Pour les communautés côtières de Muanda, la baleine est un animal exceptionnel dont l'apparition sur le rivage revêt souvent une forte portée symbolique. Son enterrement, accompagné de cérémonies traditionnelles, répond à une volonté de préserver l'équilibre entre les hommes, la nature et les croyances locales. Ces rites traduisent également le profond respect accordé à cet impressionnant mammifère marin, considéré comme un hôte de la mer auquel il convient d'offrir une sépulture digne.
Sur le plan pratique, l'opération représentait un véritable défi logistique. La carcasse, particulièrement imposante, a dû être déplacée à l'aide d'une grue avant d'être transportée jusqu'à une fosse spécialement creusée à proximité de la côte. La profondeur de cette fosse répondait à une nécessité sanitaire : éviter que la décomposition du corps ne provoque des nuisances environnementales ou ne constitue un risque pour les populations.

Les spécialistes rappellent qu'une baleine morte peut rapidement devenir un foyer de prolifération bactérienne et dégager des gaz liés à sa décomposition. Dans certaines circonstances, la consommation de sa viande peut exposer les populations à de graves intoxications ou à des maladies. C'est dans cette optique que les autorités de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) avaient interdit formellement à la population de toucher l'animal ou de prélever sa viande, malgré les tentations que peut susciter un tel échouage.
Cette décision s'inscrit également dans une logique de protection de la biodiversité. Les baleines occupent une place essentielle dans l'équilibre des écosystèmes marins. Leur disparition naturelle ou accidentelle fait l'objet d'un suivi particulier de la part des services de conservation, qui cherchent à comprendre les causes des échouages afin d'améliorer la protection de ces espèces souvent menacées.

Au-delà de l'aspect scientifique et sanitaire, cette cérémonie a profondément marqué les habitants de Muanda. Nombreux sont ceux qui ont assisté, avec émotion, au départ de ce géant des mers, dans un climat mêlant recueillement, respect des traditions et conscience environnementale. L'événement rappelle combien les liens entre les populations côtières et l'océan demeurent étroits, nourris à la fois par les savoirs ancestraux et les enjeux modernes de conservation.
Avec cette inhumation, Muanda tourne la page d'un épisode aussi rare que marquant. L'image de cette baleine, venue mourir sur les rivages du Kongo Central, restera gravée dans les mémoires comme le symbole d'une rencontre inattendue entre l'homme et la nature, où le respect des coutumes, la préservation de la santé publique et la protection du patrimoine naturel ont trouvé un point d'équilibre.

Source : LaFortuneRDC.net

Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903

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