𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻 : 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲𝗿, 𝗲𝗺𝗽𝗹𝗼𝘆𝗲𝗿, 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲, 𝗹𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗽𝗮𝗿𝗶 𝗱’𝗢𝗹𝗶𝗴𝘂𝗶 𝗡𝗴𝘂𝗲𝗺𝗮


𝗟𝗲 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 à 𝗹𝗮 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗻𝗼𝗻𝗰é 𝗹𝗲 𝟭𝟲 𝗮𝗼û𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗖𝗵𝗲𝗳 𝗱𝗲 𝗹’É𝘁𝗮𝘁 𝗲𝘁 𝗖𝗵𝗲𝗳 𝗱𝘂 𝗚𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗕𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗖𝗹𝗼𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗢𝗹𝗶𝗴𝘂𝗶 𝗡𝗴𝘂𝗲𝗺𝗮, 𝗱𝗲𝘀𝘀𝗶𝗻𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱’𝘂𝗻 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗺𝗼𝗱è𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗱é𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻. 𝗗𝗶𝗽𝗹𝗼𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲 é𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗶𝗻𝗳𝗿𝗮𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀, 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀𝘀𝗲, 𝘀𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲𝘁é é𝗱𝘂𝗰𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲 𝗲𝘁 𝗺𝗼𝗯𝗶𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗮𝘀𝗽𝗼𝗿𝗮 : 𝗮𝘂𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗼𝗿𝗶𝘁é𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗱𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗱é𝘀𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘀𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗱𝘂𝗶𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗮𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗿è𝘁𝗲𝘀.

Au cœur de cette vision figure une conviction : la transformation du Gabon passera aussi par sa capacité à former sa jeunesse, à créer des emplois et à offrir davantage de perspectives professionnelles sur le territoire national.

Former au Gabon, sans fermer les portes de l’étranger

L’une des annonces qui suscite le plus de débats concerne l’évolution de la politique des bourses d’études à l’étranger. La volonté de limiter progressivement le financement de nouvelles bourses dans certaines destinations traditionnelles, notamment la France, les États-Unis et le Canada, s’inscrit dans une logique de réorientation de la politique nationale de formation.

L’objectif n’est pas de tourner le dos à la coopération internationale ni de priver la jeunesse gabonaise de mobilité. Il s’agit plutôt de faire évoluer le modèle : financer moins systématiquement des parcours individuels à l’étranger et investir davantage dans les capacités nationales de formation.

Universités, écoles spécialisées, laboratoires, filières professionnelles et équipements doivent ainsi devenir des investissements durables capables de bénéficier à plusieurs générations.

La question de fond est donc celle de la souveraineté. Un Gabon qui forme lui-même ses ingénieurs, ses techniciens, ses professionnels de santé, ses spécialistes du numérique, de l’agriculture, des mines, de l’énergie ou encore des infrastructures renforce mécaniquement sa capacité à conduire sa propre transformation.

L’ouverture internationale demeure cependant indispensable. Pour les formations rares ou de très haut niveau, les bourses à l’étranger pourraient être davantage ciblées et orientées vers les besoins stratégiques du pays. Les partenariats internationaux pourraient également évoluer vers les doubles diplômes, les formations conjointes, la mobilité des enseignants, le transfert de compétences et l’implantation de programmes d’excellence au Gabon.

Une dynamique encourageante sur le front de l’emploi

Cette nouvelle orientation intervient alors que les indicateurs du Programme national de promotion de l’emploi (PNPE) font apparaître une progression significative de plusieurs activités au premier semestre 2026.
Au total, 15 584 demandeurs d’emploi ont été inscrits au cours des deux premiers trimestres, dont 8 320 au premier trimestre et 7 264 au deuxième. Dans le même temps, le nombre d’employeurs inscrits est passé de 115 à 164 entre les deux trimestres, soit une progression de 43 %, pour atteindre 279 sur l’ensemble du premier semestre.

La dynamique est encore plus visible du côté des offres d’emploi. Le PNPE a collecté 740 nouvelles offres d’emploi au premier semestre, contre 307 au premier trimestre et 433 au deuxième. Les places d’emploi collectées ont atteint 2 711, contre 825 au premier trimestre et 1 886 au deuxième, soit une hausse de 129 % entre les deux périodes.

Les nouvelles embauches directes réalisées s’élèvent, elles, à 1 543 sur les six premiers mois de l’année, contre 541 au premier trimestre et 1 002 au deuxième.

Ces chiffres témoignent d’une évolution du marché de l’emploi, même si le défi de l’insertion professionnelle demeure considérable. Le taux de placement ressort à 57 % sur le premier semestre, contre 66 % au premier trimestre et 53 % au deuxième.

L’accompagnement vers l’emploi se poursuit

Le Programme d’accompagnement à l’emploi affiche également une activité soutenue. 2 185 bénéficiaires ont été enregistrés au premier semestre, contre 1 036 au premier trimestre et 1 149 au deuxième.

Le PNPE a par ailleurs enregistré 73 nouveaux contrats-cadres de partenariat sur les six premiers mois de l’année. En revanche, les nouvelles embauches réalisées dans le cadre du programme atteignent 174, avec un rythme plus important au premier trimestre qu’au deuxième.

Ces données traduisent une réalité : la politique de l’emploi ne peut plus se limiter à la mise en relation entre demandeurs et employeurs. Elle doit également agir sur les compétences, l’accompagnement, l’orientation et la capacité des jeunes à créer eux-mêmes leur activité.

L’auto-emploi, autre levier de la transformation

C’est dans cette perspective que la Maison de l’Auto-Entrepreneur prend une place croissante dans le dispositif.
Au premier semestre 2026, 961 demandeurs d’emploi ont été orientés vers l’auto-emploi, contre 171 au premier trimestre et 790 au deuxième, soit une progression de 362 % entre les deux trimestres.

Parallèlement, 407 porteurs de projets ou promoteurs ont été formés, contre 95 au premier trimestre et 312 au deuxième. Quinze porteurs de projets ont également été installés sur la période, tandis que 670 visites post-installation ont été réalisées.

Derrière ces chiffres, c’est une autre conception de l’employabilité qui se dessine : permettre au jeune Gabonais de ne plus être uniquement un demandeur d’emploi, mais également de devenir un créateur d’activité et, potentiellement, un employeur.

La diaspora appelée à jouer un rôle plus important

Cette stratégie ne s’arrête pas aux frontières du Gabon.
Dans son discours, le Chef de l’État a également insisté sur le rôle de la diaspora gabonaise. Celle-ci représente un réservoir de compétences, d’expériences, de réseaux et de capitaux que le pays entend davantage mobiliser.

Dans cette dynamique, l’ouverture d’un bureau du PNPE au sein de l’ambassade du Gabon en France doit permettre aux Gabonais établis dans l’Hexagone d’accéder plus facilement aux informations sur les possibilités d’emploi, les opportunités d’investissement, les projets et les mécanismes permettant un retour professionnel au pays.

L’idée est simple : mieux informer pour mieux reconnecter les compétences de la diaspora avec les besoins du Gabon.
Cette démarche devrait être renforcée par l’organisation, en France, des Journées économiques et du Forum international de l’emploi, prévus les 28 et 29 novembre 2026, à l’initiative du PNPE et de l’ANPI.

Ces rencontres devraient constituer un espace de dialogue entre les pouvoirs publics, les entreprises, les investisseurs, les professionnels et les membres de la diaspora autour des opportunités offertes par le Gabon.
Une même ambition : transformer les compétences en opportunités

De la diplomatie économique aux infrastructures, de la formation à l’emploi, de l’auto-emploi à la mobilisation de la diaspora, les différentes orientations annoncées s’inscrivent dans une même logique.

Il ne s’agit plus seulement de former une jeunesse pour qu’elle trouve sa place sur un marché du travail existant. Il s’agit de construire progressivement un environnement capable de former, employer, entreprendre et retenir les compétences.

Les chiffres du PNPE montrent une activité en progression sur plusieurs indicateurs, notamment les offres d’emploi, les places disponibles et l’orientation vers l’auto-emploi. Ils montrent aussi l’ampleur du défi, avec plus de 15 000 demandeurs d’emploi enregistrés sur le premier semestre.

Le véritable enjeu sera donc de transformer cette dynamique en emplois durables, en entreprises viables et en compétences directement utiles à l’économie nationale.
Le cap fixé par le Chef de l’État apparaît ainsi comme une volonté de faire de la jeunesse l’un des moteurs de la souveraineté gabonaise.

Former davantage au Gabon, créer davantage d’opportunités, accompagner l’entrepreneuriat et reconnecter la diaspora au développement national : c’est autour de cette équation que se joue désormais une partie importante de la transformation économique du pays.

Et à terme, l’ambition dépasse la seule réduction de la dépendance aux formations étrangères : elle consiste à faire du Gabon un pays capable de former ses propres compétences, de les employer et, pourquoi pas, d’attirer à son tour des talents et des étudiants venus d’ailleurs.

Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903

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