« 𝗟𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝗿é𝘂𝘀𝘀𝗶𝗿 » : 𝗹𝗲 𝗺𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗱'𝗢𝗹𝗶𝗴𝘂𝗶 𝗡𝗴𝘂𝗲𝗺𝗮 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗼𝗶𝘀 𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗟𝗶𝗯é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻
𝗧𝗿𝗼𝗶𝘀 𝗮𝗻𝘀 𝗮𝗽𝗿è𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗱𝗲 𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗿𝗲𝗻𝘃𝗲𝗿𝘀é 𝗔𝗹𝗶 𝗕𝗼𝗻𝗴𝗼, 𝗹𝗲 𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗴𝗮𝗯𝗼𝗻𝗮𝗶𝘀 𝗮 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘀𝗶 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗸𝗼𝗸𝗼𝘂 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗰é𝗹é𝗯𝗿𝗲𝗿, 𝗰𝗲 𝟯𝟬 𝗮𝗼û𝘁, 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶è𝗺𝗲 𝗮𝗻𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 « 𝗙ê𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗟𝗶𝗯é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 ». 𝗨𝗻 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 à 𝗹𝗮 𝘁𝗼𝗻𝗮𝗹𝗶𝘁é 𝘀𝗼𝗹𝗲𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲, 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗵𝗼𝗺𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗮𝗿𝗺é𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹 à 𝗻𝗲 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗿𝗲𝗹â𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗹'𝗲𝗳𝗳𝗼𝗿𝘁 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹.
Le décor avait été soigneusement choisi. Après Libreville en 2024 et les rives du fleuve Nyanga à Tchibanga en 2025, c'est au cœur de l'Ogooué-Ivindo, dans la province longtemps considérée comme enclavée, que Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé son adresse à la nation. Un choix qui n'a rien d'anodin : faire de cette commémoration un levier de développement territorial autant qu'un exercice de mémoire.
Une gratitude martiale
Le chef de l'État a d'abord tenu à honorer les forces de défense et de sécurité, réunies en 2023 au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Il a salué des militaires qui, selon lui, ont fait primer l'intérêt supérieur de la nation sur toute autre considération, incarnant l'honneur, le courage, la discipline, la fraternité, l'esprit de sacrifice et la loyauté envers la République. Une manière de rappeler que le pouvoir civil qu'il exerce désormais, depuis son élection à la présidence avec plus de 95 % des suffrages en avril 2025, reste indissociable de ses origines militaires.
La Constitution comme boussole
Le président a également replacé cette célébration dans son cadre institutionnel : c'est en vertu de la nouvelle Constitution de la Cinquième République, adoptée par référendum, que la Fête de la Libération a été consacrée aux côtés de celle de l'indépendance. Il a insisté sur le fait que l'esprit de 2023 ne s'était pas limité à un chantier juridique — nouvelle loi électorale, nouveau code électoral, nouvelle loi sur les partis — mais visait plus largement à corriger des dérives et à restaurer un équilibre moral et social jugé compromis sous l'ancien régime.
Du symbole à l'exigence
C'est peut-être le message central de cette allocution : la Libération n'est pas un acquis à célébrer une fois l'an, mais une exigence permanente. Le chef de l'État a appelé ses compatriotes à rester fidèles à la discipline et à la responsabilité collective, seules garantes, selon lui, d'une société apaisée. Il a résumé sa pensée par une formule appelée à faire date : le 30 août a rendu aux Gabonais la liberté de choisir, il leur impose désormais le devoir de réussir.
Une mémoire qui change de nature
Trois ans après la chute du régime Bongo, la geste fondatrice du CTRI appartient déjà à l'histoire : la transition a cédé la place à un pouvoir constitutionnel, une statue commémorative se dresse face au camp de Gaulle à Libreville, et le fichier électoral comme les nouvelles institutions ont été mis en musique. La Fête de la Libération devient ainsi, année après année, une vitrine du bilan présidentiel autant qu'un rituel patriotique — un glissement que certains observateurs locaux commencent à interroger, à mesure que le pouvoir se stabilise et que l'exception née d'un coup d'État doit désormais se mesurer à l'aune de résultats concrets : désenclavement routier, transformation locale des matières premières, ou encore équilibre des finances publiques, sujet sur lequel plusieurs voix, y compris au sein des institutions, ont récemment alerté.
Un rendez-vous sous surveillance budgétaire
Signe de l'importance accordée à cette date par l'exécutif, l'enveloppe consacrée aux fêtes nationales dans le projet de budget 2026 a plus que doublé, passant de 8,6 à 18,6 milliards de francs CFA. Un investissement politique et symbolique fort, à Makokou comme dans le reste du pays, pour ancrer dans la durée un récit national encore en construction.
Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903
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