𝗛𝗲𝗻𝗿𝗶 𝗡’𝗡𝗮𝗻𝗴 𝗠𝗕𝗔, 𝘂𝗻𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗱𝘂 𝗳𝗼𝗼𝘁𝗯𝗮𝗹𝗹 : 𝗱𝘂 𝗯𝗮𝗻𝗰 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗰𝗵𝗲 à 𝗹𝗮 𝗗𝗶𝗿𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘁𝗲𝗰𝗵𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝘂 𝗠𝗼𝘆𝗲𝗻-𝗢𝗴𝗼𝗼𝘂é

𝗜𝗹 𝘆 𝗮 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗳𝗼𝗼𝘁𝗯𝗮𝗹𝗹 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗻𝗲𝘀. 𝗘𝘁 𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗶𝗹 𝘆 𝗮 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝘃𝗶𝗲 à 𝗲𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀. 𝗛𝗲𝗻𝗿𝗶 𝗡’𝗡𝗮𝗻𝗴 𝗠𝗕𝗔 𝗮𝗽𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁 à 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅𝗶è𝗺𝗲 𝗰𝗮𝘁é𝗴𝗼𝗿𝗶𝗲. 𝗗𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗱é𝗰𝗲𝗻𝗻𝗶𝗲𝘀, 𝗶𝗹 𝗮𝗿𝗽𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗷𝗼𝘂𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗮𝗰𝗰𝗼𝗺𝗽𝗮𝗴𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘀 é𝗱𝘂𝗰𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗼𝗯𝘀𝗲𝗿𝘃𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝘂𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝘂 𝗳𝗼𝗼𝘁𝗯𝗮𝗹𝗹 𝗴𝗮𝗯𝗼𝗻𝗮𝗶𝘀. 𝗗𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝟮𝟬𝟭𝟳, à 𝗹𝗮 𝘁ê𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗗𝗶𝗿𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘁𝗲𝗰𝗵𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗶𝗻𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗠𝗼𝘆𝗲𝗻-𝗢𝗴𝗼𝗼𝘂é, 𝗶𝗹 𝗽𝗼𝘂𝗿𝘀𝘂𝗶𝘁 𝘂𝗻 𝗺ê𝗺𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗯𝗮𝘁 : 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿 𝗯𝗮𝗹𝗹𝗼𝗻 𝗷𝗼𝘂é 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹𝗮 𝗵𝗮𝘂𝘁𝗲 𝗽𝗲𝗿𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝗻𝗰𝗲.

Dans le football, le coup de sifflet final ne raconte jamais toute l’histoire. Derrière une victoire, il y a des années d’apprentissage. Derrière un joueur qui perce, des éducateurs qui ont corrigé ses gestes, travaillé ses déplacements, développé sa lecture du jeu. Et derrière une sélection provinciale, il y a souvent un travail technique silencieux, loin du bruit des tribunes.

C’est dans cet univers que s’inscrit le parcours d’Henri N’Nang MBA.

Né à Lambaréné, il a progressivement construit son identité dans le football gabonais, d’abord au bord des terrains comme entraîneur, puis dans des fonctions techniques où la responsabilité est devenue plus large : penser le jeu, organiser la formation, accompagner les hommes et préparer la relève.

Du banc de touche à la responsabilité technique

Son histoire avec le coaching remonte à la fin des années 1990. En 1999-2000, il apparaît comme entraîneur adjoint à l’AO Evizo avant de prendre progressivement davantage de responsabilités. Entre 2000 et 2002, il encadre notamment les U17 de l’Ascan, une première expérience qui le place déjà dans cet univers particulier du football de formation.

Les années suivantes vont confirmer cette trajectoire.

Il passe par l’AO Evizo, l’AS Makouké, le Club Olako, Lamba Sport, L’ZO’O et Abanga. Avec Abanga, au cours de la saison 2009-2010, il connaît une consécration provinciale en remportant le championnat du Moyen-Ogooué.

Puis vient une nouvelle étape avec les Aigles de Sogéa. En 2010-2011, il conduit les juniors au titre de champion de l’Estuaire. Une expérience qui vient enrichir un parcours déjà marqué par le football des jeunes.

Il devient ensuite entraîneur adjoint de Sogéa en première division, avec notamment la responsabilité des gardiens, tout en intervenant au Centre de formation Aigle.
Cette succession d’expériences raconte beaucoup plus qu’un simple curriculum. Elle dessine le profil d’un technicien qui a connu plusieurs vestiaires, plusieurs générations de joueurs et différentes réalités du football gabonais. 

Il a appris le métier par le terrain.

Un technicien qui a choisi de se former

Mais Henri N’Nang MBA ne s’est pas contenté de l’expérience accumulée au bord des pelouses.

Il a cherché à transformer cette expérience en compétence technique.

Son parcours de formation comprend notamment une formation CAF Licence C en 2014, suivie des licences B et A, ainsi que des cours FIFA. En 2016, il participe au cours FIFA Football de base et poursuit sa formation CAF Licence A. Un séminaire consacré à la préparation physique complète également son parcours.

Cette volonté de formation est importante, parce qu’elle correspond aujourd’hui à l’une des grandes batailles du football gabonais : améliorer la qualité de ceux qui forment les jeunes.

Le football moderne ne laisse plus beaucoup de place à l’improvisation. La préparation athlétique, la méthodologie d’entraînement, la périodisation, la pédagogie, l’analyse tactique ou encore la gestion des différentes étapes de développement du jeune joueur exigent des compétences spécifiques.

Henri N’Nang MBA en a fait l’une des lignes directrices de son action.
Depuis 2017, changer de perspective

En 2017, son passage à la Direction technique provinciale du Moyen-Ogooué marque un changement d’échelle.
Sur le banc, l’objectif est généralement immédiat : préparer le prochain match, corriger les erreurs, gagner des points.

À la Direction technique, la perspective est différente.

Il faut penser à la prochaine génération.

Depuis sa prise de fonction, sa mission consiste notamment à promouvoir la pratique du football chez les jeunes, à contribuer à la mise en place des championnats des catégories U12, U13 et U14, mais aussi à accompagner le développement du football féminin.

Autrement dit, son terrain de jeu s’est élargi.

Il ne s’agit plus seulement de construire une équipe, mais de contribuer à structurer un environnement dans lequel plusieurs équipes, plusieurs éducateurs et plusieurs générations peuvent progresser.

« Le football commence à la base »

C’est probablement l’idée qui résume le mieux sa philosophie.
Pour Henri N’Nang MBA, la formation des jeunes ne doit pas être considérée comme une activité secondaire, en attendant que les joueurs atteignent les catégories supérieures.

Elle constitue au contraire le socle du football.

Un championnat U12 ou U13 peut sembler éloigné des exigences du football d’élite. Pourtant, c’est à cet âge que s’acquièrent les premiers automatismes : contrôle, passe, conduite de balle, orientation du corps, occupation de l’espace, prise d’information et compréhension collective.

À mesure que les catégories évoluent, ces fondamentaux doivent être consolidés et enrichis.

C’est pourquoi la régularité de la compétition est essentielle.

Un jeune joueur qui ne joue presque jamais ne peut pas apprendre à gérer les différentes situations qu’impose un match. La compétition permet de transformer la théorie en expérience, l’exercice en réflexe et le potentiel en véritable compétence.

Former les éducateurs pour faire progresser les joueurs

Mais il existe une autre équation : on ne peut pas élever le niveau des jeunes sans élever celui de leur encadrement.
C’est là que la mission de formation des éducateurs prend toute sa dimension.

Henri N’Nang MBA entend contribuer à donner aux entraîneurs et éducateurs les outils nécessaires pour mieux comprendre les exigences du football de jeunes.
Il faut savoir quoi travailler, mais surtout savoir quand le travailler.

Un enfant de 12 ans n’a pas les mêmes besoins qu’un joueur de 18 ans. Le développement moteur, l’apprentissage technique, l'intelligence tactique et la préparation physique doivent évoluer avec l’âge.
Cette approche demande de la méthode, de la patience et une vraie culture de la formation.
Et c’est précisément cette culture que le technicien cherche à promouvoir dans le Moyen-Ogooué.

Tchibanga : le football féminin comme révélateur

Son engagement s’est encore manifesté récemment avec l’accompagnement de la sélection féminine du Moyen-Ogooué au Championnat national U20 féminin organisé par la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) au stade Dialogue de Tchibanga.

La sélection provinciale y a connu un parcours honorable, atteignant les demi-finales avant de voir son aventure s’arrêter à ce stade de la compétition.
La prestation d’ensemble peut être qualifiée de moyenne, avec des insuffisances à corriger. Mais pour un technicien, une compétition nationale ne se résume jamais à une place au classement.

Elle constitue une photographie du niveau réel.
Elle permet de mesurer les acquis, d’identifier les secteurs où le bloc doit progresser, d’évaluer la capacité des joueuses à répondre à l’intensité d’une compétition nationale et de repérer celles qui peuvent franchir un nouveau palier.
Cette participation est donc aussi un outil de travail.
La demi-finale n’est pas une fin de cycle. Elle doit devenir un point de départ.

Le football féminin, un vivier à structurer

À travers cette sélection U20, c’est également la question plus large du football féminin qui apparaît.
Le Gabon dispose de jeunes joueuses talentueuses. Mais le talent seul ne suffit pas.
Il faut des compétitions régulières, des éducateurs formés, des infrastructures, un suivi médical et physique adapté, mais aussi une continuité entre les différentes catégories d’âge.
Le football féminin ne peut progresser durablement que s’il existe une véritable chaîne de formation.
De la jeune débutante à la joueuse U20, puis vers les clubs et les sélections nationales, chaque maillon doit être solide.
C’est dans cette logique que le travail des directions techniques provinciales prend toute son importance.

Le Moyen-Ogooué comme laboratoire du football gabonais

Après toutes ces années passées au bord des terrains, Henri N’Nang MBA porte désormais un regard qui dépasse largement les limites de Lambaréné ou du Moyen-Ogooué.
Il voit les forces du football gabonais, mais aussi ses failles.
Le pays ne manque pas de joueurs talentueux. Le véritable défi se situe davantage dans la capacité à organiser leur progression.

Le manque de compétitions régulières dans certaines catégories, les difficultés liées aux infrastructures, l’insuffisance des moyens matériels, la formation encore perfectible des encadreurs et la nécessité d’un meilleur suivi des jeunes constituent autant de défis.
À cela s’ajoute une question essentielle : comment créer une véritable continuité entre le football de base, les clubs et les sélections nationales ?

C’est ici que le travail provincial doit prendre toute sa valeur.
Les provinces ne doivent pas être de simples réservoirs de joueurs. Elles doivent devenir des pôles de formation, de détection et de développement.

Un bilan qui se mesure aussi dans la transmission

Le bilan d’Henri N’Nang MBA ne peut donc pas être uniquement comptabilisé en trophées.
Bien sûr, son parcours d’entraîneur compte des titres, notamment avec Abanga et les juniors des Aigles de Sogéa.
Mais son autre héritage est moins visible : les joueurs qu’il a accompagnés, les éducateurs qu’il a contribué à faire progresser, les jeunes compétitions qu’il défend et les observations techniques qu’il fait remonter.

Chaque fin d’année, son travail à la Direction technique provinciale donne lieu à un rapport technique destiné à la Direction technique nationale.
Cette obligation de rendre compte traduit une démarche essentielle : observer, analyser, évaluer et proposer.
Dans le football moderne, l’intuition de l’entraîneur reste précieuse. Mais elle doit désormais être accompagnée par l’analyse.

Un homme entre terrain et transmission

Ce qui frappe dans le parcours d’Henri N’Nang MBA, c’est finalement cette continuité.
L’entraîneur qu’il a été nourrit le directeur technique qu’il est devenu.
Son vécu lui permet de comprendre les difficultés des éducateurs. Ses formations lui donnent les outils pour les accompagner. Son expérience dans les catégories de jeunes lui permet de mesurer l’importance de la détection précoce.

Il connaît les réalités du vestiaire, mais aussi celles de la formation.
Il sait qu’un entraîneur peut perdre un match et pourtant avoir fait progresser son équipe. Il sait également qu’une victoire peut parfois masquer des lacunes qui finiront par coûter cher lorsque le niveau montera.
C’est cette lecture du football qui donne une profondeur particulière à sa mission.

Le prochain match se prépare aujourd’hui

À l’échelle du Moyen-Ogooué comme à celle du Gabon, le chantier reste immense.
Il faudra davantage de compétitions, davantage de formation, davantage de suivi et une meilleure articulation entre les structures provinciales, les clubs et la Direction technique nationale.
Mais une chose demeure certaine : le football de demain ne naîtra pas par génération spontanée.

Il faudra le détecter.

Il faudra le former.

Il faudra le protéger.

Et surtout, il faudra accepter de travailler pendant des années avant de voir apparaître les résultats.
C’est précisément ce travail de fond qu’Henri N’Nang MBA poursuit depuis des années. Du banc de touche de l’AO Evizo aux équipes de jeunes, du titre provincial avec Abanga au sacre des juniors des Aigles de Sogéa, de ses formations CAF et FIFA à la Direction technique provinciale du Moyen-Ogooué, son parcours épouse finalement l’histoire d’un homme qui n’a jamais vraiment quitté le terrain.

Aujourd’hui encore, lorsqu’il accompagne une sélection, observe un jeune joueur ou échange avec un éducateur, son regard reste celui d’un technicien.

Un regard tourné vers le prochain match, certes.
Mais surtout vers la prochaine génération.

Et dans le football, c’est peut-être là que se trouve la véritable victoire : celle qui ne se célèbre pas toujours au coup de sifflet final, mais qui se construit, patiemment, jusqu’au jour où un jeune talent entre sur la pelouse et fait enfin parler de lui.

Par Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903

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