𝗥𝗲𝗻𝘁𝗿é𝗲 𝘀𝗰𝗼𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲 : 𝗹’𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝗥𝗮𝗽𝗵𝗮ë𝗹 𝗠𝗯𝗼𝗺𝗯𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻𝗲 é𝗰𝗼𝗹𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲
Il y a les cahiers neufs, les uniformes fraîchement repassés et l’impatience des premiers jours. Mais il y a aussi ce que l’on voit moins : la peur d’un élève face aux brimades, l’inquiétude d’un parent, la tension parfois perceptible dans une cour de récréation. À l’approche de la rentrée scolaire 2027, Raphaël Mbombe veut déplacer le débat : pour réussir à l’école, encore faut-il pouvoir y apprendre en sécurité.
La rentrée scolaire ne se résume jamais à une date sur un calendrier. Elle marque le retour des élèves dans les salles de classe, la reprise du travail des enseignants et, pour les familles, l’espoir d’une nouvelle année placée sous le signe de la réussite.
Mais une école ne se mesure pas uniquement à ses salles de classe, à ses programmes ou à ses résultats. Elle se mesure aussi à l’atmosphère qui y règne.
Une insulte banalisée. Une humiliation répétée. Une bagarre que personne n’a vue venir. Un conflit entre un élève et un enseignant. Parfois, il suffit de peu pour que le quotidien scolaire bascule. Et lorsque les signaux d’alerte sont ignorés, la violence peut progressivement s’installer dans les habitudes.
C’est contre cette banalisation que Raphaël Mbombe entend se mobiliser.
Inspecteur pédagogique superviseur et président de la Fédération des leaders unis des syndicats de l’Éducation nationale (FLUSEN/SEAEN), il propose de faire de la prévention des violences scolaires l’un des chantiers majeurs de la prochaine année académique.
Son approche est claire : ne plus attendre l’incident pour agir.
Changer de réflexe
Pendant longtemps, la discipline scolaire a souvent été pensée à travers le prisme de la sanction. Une faute, une punition. Un conflit, une mesure disciplinaire. Une violence, une réponse.
Raphaël Mbombe propose d’inverser cette logique.
Pour lui, la prévention doit commencer bien avant le premier incident. Elle doit s’inscrire dans le fonctionnement quotidien de l’établissement, dans la relation entre adultes et élèves, mais aussi dans le dialogue avec les familles.
Cette responsabilité ne peut donc être confiée à un seul acteur.
Les parents doivent participer à l’éducation morale et disciplinaire de leurs enfants. Les responsables administratifs doivent assurer le suivi et la régulation. Les enseignants et les surveillants doivent être au plus près des élèves. Les chefs d’établissement doivent organiser et anticiper. Et les apprenants eux-mêmes doivent être considérés comme des acteurs de la solution.
Autrement dit, la sécurité scolaire commence par une chaîne de responsabilités où chacun doit connaître sa place.
Quand la règle devient un repère
La première proposition avancée par Raphaël Mbombe paraît administrative. Elle est pourtant essentielle : harmoniser les règlements intérieurs.
L’idée consiste à établir un règlement commun aux écoles d’une même circonscription, validé par les responsables compétents et expliqué aux équipes éducatives.
Mais surtout, ce règlement ne devrait pas rester enfermé dans un bureau ou dormir dans un document administratif.
Il doit être expliqué aux élèves.
Durant les premiers mois de l’année, des séances régulières permettraient de revenir sur les règles de vie, la discipline, le respect des autres et les conséquences des comportements violents.
Car une règle connue mais incomprise peut être vécue comme une contrainte. Une règle expliquée peut, elle, devenir un repère.
Restaurer le dialogue entre enseignants et élèves
Cette volonté de clarification se retrouve dans la proposition d’une charte de bonne conduite.
Elle définirait les droits et les obligations des enseignants et des élèves, mais aussi les comportements attendus et les sanctions applicables.
Les parents seraient associés à cette démarche dès la rentrée, à travers un engagement symbolique. La charte serait ensuite affichée dans les salles de classe et régulièrement rappelée.
L’enjeu est de rétablir une forme de contrat moral autour de l’école.
Parce qu’entre l’autorité et l’autoritarisme, entre la discipline et l’humiliation, la frontière peut parfois être mince. La qualité du dialogue devient alors essentielle.
La médiation avant la sanction
Raphaël Mbombe veut également renforcer l’éducation civique dès les premières semaines de cours.
Respect, citoyenneté, discipline et non-violence devraient faire l’objet de séances obligatoires durant les deux premiers mois.
Mais surtout, il propose de développer les mécanismes de médiation.
Des enseignants volontaires et des surveillants pourraient être formés pour intervenir dans les conflits avant leur escalade. Les délégués de classe seraient eux aussi davantage responsabilisés et formés à la prévention.
C’est l’un des aspects les plus intéressants de la démarche : donner aux élèves une part de responsabilité dans la protection de leur propre environnement scolaire.
Le programme « Élève médiateur » proposé par la FLUSEN/SEAEN s’inscrit dans cette logique.
Il ne s’agit pas de demander aux enfants de se substituer aux adultes, mais de leur apprendre à identifier les tensions, à favoriser le dialogue et à comprendre que la violence n’est pas une réponse acceptable à un conflit.
Les parents ne doivent plus être les derniers informés
Une autre faiblesse régulièrement observée dans la gestion des difficultés scolaires tient au manque de communication entre l’établissement et la famille.
Lorsque les parents découvrent un problème après plusieurs semaines, il est parfois déjà trop tard.
Raphaël Mbombe propose donc des rencontres trimestrielles avec les associations de parents d’élèves ainsi qu’un canal de communication direct avec les directions.
L’objectif est de créer un système d’alerte précoce.
Un changement de comportement. Une série de conflits. Un élève qui s’isole. Des tensions répétées entre deux groupes. Autant de signaux qui, lorsqu’ils sont repérés suffisamment tôt, peuvent permettre une intervention avant que le problème ne devienne une crise.
Surveiller les lieux où l’école baisse parfois sa garde
La prévention passe aussi par la présence.
Le président de la FLUSEN/SEAEN propose la création d’une cellule de veille dans chaque établissement. Elle réunirait notamment un responsable d’établissement, un enseignant référent, un surveillant et un parent.
Cette équipe aurait pour mission de suivre le climat scolaire et de repérer les situations sensibles.
Une attention particulière devrait être accordée aux lieux où les adultes sont parfois moins présents : toilettes, cours de récréation et abords immédiats des établissements.
Il ne s’agit pas de transformer l’école en espace de surveillance permanente. Mais de reconnaître une réalité : la prévention exige de savoir où, quand et comment les tensions apparaissent.
Donner aux enseignants les moyens de désamorcer les conflits
L’enseignant reste au cœur du dispositif.
Mais lui demander de gérer les conflits sans lui donner les outils nécessaires serait insuffisant.
Raphaël Mbombe défend ainsi le principe d’une formation continue consacrée à la gestion des conflits et à la communication non violente.
Une compétence devenue indispensable dans un environnement scolaire où l’enseignant doit tout à la fois transmettre, encadrer, écouter et parfois arbitrer.
L’objectif n’est pas d’affaiblir l’autorité pédagogique. Au contraire : il s’agit de lui donner les moyens de s’exercer avec davantage de maîtrise.
Sortir l’école de son isolement
La lutte contre les violences scolaires ne peut enfin être menée uniquement derrière les grilles des établissements.
Raphaël Mbombe propose une collaboration avec les forces de l’ordre pour sensibiliser les élèves aux conséquences des actes violents et aux risques juridiques.
Il appelle également à une campagne nationale baptisée « Tolérance zéro », relayée dans les médias locaux.
Le message serait ainsi porté au-delà des salles de classe : la violence n’est ni un jeu, ni un mode de règlement des différends, ni une fatalité de la vie scolaire.
Une rentrée ne se prépare pas seulement avec des fournitures
À quelques mois de la rentrée 2027, la réflexion proposée par Raphaël Mbombe dépasse donc largement la seule question de la discipline.
Elle pose une question plus fondamentale : quelle école veut-on construire pour les enfants ?
Une école où la règle intervient après le conflit ou une école qui apprend à prévenir le conflit ? Une école où l’élève est uniquement sanctionné ou une école qui lui apprend à devenir responsable ? Une école où les parents interviennent lorsque tout a déjà dérapé ou une école où la famille est associée dès les premiers signaux ?
Les réponses proposées par le responsable syndical convergent toutes vers la même idée : construire un environnement scolaire où l’autorité, le dialogue, la prévention et la responsabilité ne s’opposent pas, mais se complètent.
Car derrière les statistiques, les règlements et les dispositifs, il y a une réalité beaucoup plus humaine.
Il y a un enfant qui doit pouvoir entrer dans une salle de classe sans avoir peur. Un enseignant qui doit pouvoir exercer son métier sans se sentir menacé. Un parent qui doit pouvoir confier son enfant à l’école avec confiance.
C’est peut-être là que commence véritablement la réussite scolaire.
Avant les notes. Avant les examens. Avant les classements.
Par la sécurité.
Et c’est tout le sens de l’appel lancé par Raphaël Mbombe : faire de l’école un espace où l’on apprend, où l’on se respecte et où chacun peut grandir sans violence.
Pour une école sûre. Pour une nation forte.
Fredhérick EBIE EVOUNA Tel : 077410903
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