𝐌𝐚𝐛𝐚𝐧𝐝𝐚 : 𝐜𝐢𝐧𝐪 𝐆𝐚𝐛𝐨𝐧𝐚𝐢𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐩𝐞𝐥𝐥é𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝟔𝟔 𝐤𝐠 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐧𝐧𝐚𝐛𝐢𝐬 𝐞𝐭 𝟏 𝟑𝟕𝟑 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐢𝐦é𝐬 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐦𝐚𝐝𝐨𝐥


𝗟𝗲 𝘃𝗼𝘆𝗮𝗴𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗮𝗶𝘁 𝘀’𝗮𝗰𝗵𝗲𝘃𝗲𝗿 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗶𝗹 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝗰é : 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝘀𝗲𝗰𝗿𝗲𝘁 𝗱’𝘂𝗻 𝘁𝗿𝗮𝗷𝗲𝘁 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼-𝗕𝗿𝗮𝘇𝘇𝗮𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲. 𝗜𝗹 𝘀’𝗲𝘀𝘁 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗶𝗻é à 𝗠𝗮𝗯𝗮𝗻𝗱𝗮, 𝗽𝗮𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗽𝗲𝗹𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗱é𝗰𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 66 𝗸𝗶𝗹𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝗻𝗻𝗮𝗯𝗶𝘀. 𝗖𝗶𝗻𝗾 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻𝗮𝗶𝘀, 𝗾𝘂𝗶 𝘀𝗲 𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗼𝗿𝗽𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗼𝗻𝘁 é𝘁é 𝗮𝗿𝗿ê𝘁é𝘀 𝘃𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲𝗱𝗶 11 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 2026 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗯𝗿𝗶𝗴𝗮𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗯𝗮𝗻𝗱𝗮, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗱é𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗗𝗼𝘂𝘁𝘀𝗶𝗹𝗮. 𝗗𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝘃é𝗵𝗶𝗰𝘂𝗹𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝗴𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗼𝗻𝘁 é𝗴𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱é𝗰𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁 1 373 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗿𝗶𝗺é𝘀 𝗱𝗲 𝗧𝗿𝗮𝗺𝗮𝗱𝗼𝗹.

L’affaire a été portée à la connaissance du public mardi 15 septembre par Guichard Ndong Mebalé, procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tchibanga. Selon les éléments communiqués par le parquet, les cinq hommes auraient effectué le déplacement depuis Mouila jusqu’au Congo-Brazzaville avant de reprendre la route vers le Gabon.
À bord d’un Toyota Land Cruiser, le groupe aurait emprunté notamment l’axe passant par Ndendé avant de rejoindre Mabanda. C’est au retour que les agents de la brigade procèdent à leur interpellation. La fouille du véhicule permet alors de mettre au jour sept sacs contenant du cannabis, pour un poids total annoncé de plus de 66 kilogrammes, ainsi que 1 373 comprimés de Tramadol.

Devant la presse, l’un des mis en cause tente de raconter ce qui, selon lui, l’a conduit dans cette affaire. Son récit est celui d’un homme qui affirme avoir accepté une proposition pour la première fois, dans un contexte marqué par des difficultés financières.

« C’était la toute première fois de ma vie. Je n’avais jamais fait ça avant.»

L’homme explique travailler comme employé dans un environnement qu’il décrit comme particulièrement difficile. Il dit avoir été approché par une personne qui lui aurait proposé de participer à l’opération. Il reconnaît également avoir déjà vu d’autres personnes pratiquer ce type d’activité dans son milieu professionnel.
Puis, dans son récit, apparaissent les dettes. Des crédits contractés auprès de commerçants pour faire face aux dépenses quotidiennes et qui, selon lui, se seraient progressivement accumulés. Une situation qui l’aurait conduit à prendre ce qu’il présente comme un pari ponctuel.

« Je me suis dit que si je pouvais faire ça une fois, revenir ensuite et chercher à ouvrir ma boutique en forêt, c’était le pari que j’avais pris.»

Mais le pari tourne court. Le retour vers le Gabon se transforme en arrestation à Mabanda. Et derrière les explications personnelles avancées par le mis en cause, les enquêteurs doivent désormais reconstituer la réalité de l’opération et déterminer le rôle exact de chacun des cinq hommes.

Car la quantité saisie pose une autre question : était-il réellement question d’une opération isolée ou d’un circuit organisé d’approvisionnement et de distribution ?

Lors de leur présentation à la presse, les mis en cause auraient également évoqué d’autres personnes présentées comme des orpailleurs établis dans certaines localités de la Ngounié. Ces accusations ne constituent, à ce stade, que des déclarations et devront être vérifiées dans le cadre de l’enquête.
Les cinq suspects ont été mis à la disposition de la Direction générale des recherches (DGR) de la Nyanga, pour la poursuite des investigations. Les enquêteurs devront notamment chercher à établir l’origine précise des produits, les conditions de leur acquisition et leur destination, mais aussi identifier d’éventuelles autres ramifications.

À Mabanda, l’affaire dépasse donc désormais le simple contrôle d’un véhicule. Elle ouvre la porte sur un possible itinéraire de stupéfiants entre le Congo-Brazzaville et le Gabon, dont les contours restent encore à déterminer.

Pour l’heure, l’enquête se poursuit. Et c’est elle qui devra dire si les cinq hommes constituent le bout d’une chaîne ou seulement l’un de ses maillons.

Par Yves Landry DOUKSON Correspondant Nyanga 

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