𝗠𝗮𝗿𝗼𝗰-𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻 𝗨17 : 𝗱𝗲𝗿𝗿𝗶è𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝘀𝗰𝗼𝗿𝗲, 𝘂𝗻 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗳𝗼𝗼𝘁𝗯𝗮𝗹𝗹 𝗴𝗮𝗯𝗼𝗻𝗮𝗶𝘀
𝗟𝗲 𝘀𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝘀é𝘃è𝗿𝗲, 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗻𝗲 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝘀𝘁𝗲 : 6-0 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗠𝗮𝗿𝗼𝗰, à 𝗥𝗮𝗯𝗮𝘁. 𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗻'𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂 𝗹𝗮 𝗳𝗶𝗻 𝗱𝘂 𝗺𝗮𝘁𝗰𝗵 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗱é𝗴𝗮𝗶𝗻𝗲𝗿. 𝗨𝗻𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲, 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲 à 𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲, 𝗮 𝘃𝗶𝘁𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗱é𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝘂𝗽𝗮𝗯𝗹𝗲 : 𝗹𝗮 𝗙𝗘𝗚𝗔𝗙𝗢𝗢𝗧. 𝗖'𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗼𝗱𝗲, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗳𝗮𝗰𝗶𝗹𝗲, 𝗲𝘁 𝘀𝘂𝗿𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰'𝗲𝘀𝘁 à 𝗰ô𝘁é 𝗱𝘂 𝘀𝘂𝗷𝗲𝘁. 𝗖𝗮𝗿 𝗳𝗮𝗰𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗣𝗮𝗻𝘁𝗵é𝗿𝗲𝗮𝘂𝘅, 𝗶𝗹 𝗻'𝘆 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗼𝗻𝘇𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗲𝘂𝗿𝘀. 𝗜𝗹 𝘆 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝘂𝗻 𝘀𝘆𝘀𝘁è𝗺𝗲, 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘁𝗶𝗲𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗾𝘂𝗶𝗻𝘇𝗲 𝗮𝗻𝘀.
Tout commence en 2008 avec l'Académie Mohammed VI, inaugurée en 2010 à Salé pour environ 13 millions d'euros, avec le soutien de grandes entreprises marocaines. C'est elle qui a formé des joueurs comme En-Nesyri, Ounahi ou Aguerd. En 2019, le Complexe Mohammed VI de Maâmora a changé l'échelle : 29,3 hectares, 11 terrains, des hôtels, un hôpital universitaire, un centre de médecine du sport, une piscine olympique. Un investissement estimé à 630 millions de dirhams, soit environ 75 millions d'euros. Les jeunes Marocains y vivent et s'y entraînent toute l'année.
À cela s'ajoute la préparation du Mondial 2030, avec près de 20 milliards de dirhams mobilisés pour les stades. Au total, c'est un effort de l'ordre de deux milliards d'euros sur quinze ans, porté par l'État, entre formation, centre d'élite et infrastructures.
Les résultats suivent. Quart de finaliste de la Coupe du monde U17 en 2023, finaliste de la CAN de la catégorie la même année, qualifié à nouveau en 2025, auteur d'un 16-0 historique face à la Nouvelle-Calédonie : le Maroc U17 est une référence mondiale. Quand le Gabon cherche encore sa place en CAN, le Maroc vise les demi-finales d'une Coupe du monde. L'écart se mesure en années de travail et en moyens, pas en talent.
C'est pourquoi les jeunes Gabonais sont à féliciter. Ils ont fait le déplacement, relevé le défi et affronté sans trembler l'une des meilleures sélections de leur catégorie. À 16 ou 17 ans, se mesurer à un tel adversaire chez lui est une école de vie que le score ne reflète pas.
Il faut aussi rendre à la Fédération gabonaise de football ce qui lui revient. Sous le leadership visionnaire de son président, Pierre Alain Mounguengui, la FEGAFOOT joue pleinement son rôle dans le développement du sport amateur : les U15 à Lambaréné, les U17 à Oyem, autant de compétitions de jeunes remises au centre du jeu. Ces efforts sont réels et méritent mieux qu'un revers de la main. L'organisation même de cette rencontre à Rabat est à son actif : elle a choisi de confronter ses jeunes au meilleur niveau plutôt que de les protéger.
La leçon marocaine est simple. Le football n'est plus seulement un jeu, c'est un enjeu économique et un levier de développement, et les nations qui l'ont compris en ont fait une politique publique. Une fédération, aussi déterminée soit-elle, ne peut pas tout porter seule. La FEGAFOOT fait sa part. Il faut maintenant que l'État l'accompagne, avec des infrastructures, des centres de formation et une vision de long terme.
Quant à ceux qui préfèrent le procès permanent à l'analyse, ils feraient bien de regarder plus loin que le tableau d'affichage. Le 6-0 de Rabat n'est pas une fin, c'est un point de départ. Cette génération a du talent, un encadrement engagé et une fédération qui lui ouvre des portes. Le Gabon peut garder la tête haute : pour ses U17, l'avenir s'annonce prometteur.
La Rédaction
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