𝙂𝙖𝙗𝙤𝙣 : 𝙡𝙚 𝘾𝙤𝙣𝙘𝙚𝙥𝙩 𝙁𝙧𝙚𝙚𝙙𝙤𝙢 𝙥𝙡𝙖𝙞𝙙𝙚 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙪𝙣𝙚 𝙢𝙖î𝙩𝙧𝙞𝙨𝙚 𝙙𝙚 𝙡'𝙞𝙢𝙢𝙞𝙜𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙛𝙤𝙣𝙙é𝙚 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙧é𝙖𝙡𝙞𝙩é 𝙙é𝙢𝙤𝙜𝙧𝙖𝙥𝙝𝙞𝙦𝙪𝙚

𝗙𝗮𝗰𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗱𝗲𝗿𝗻𝗶𝗲𝗿 𝗿𝗲𝗰𝗲𝗻𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗔𝗺𝗼𝘂𝗿𝗴 𝗕𝗲𝗸𝗮𝗹𝗲 𝗡𝘇𝗲, 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝗖𝗼𝗻𝗰𝗲𝗽𝘁 𝗙𝗿𝗲𝗲𝗱𝗼𝗺, 𝗿𝗲𝗺𝗲𝘁 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗿é𝗼𝗰𝗰𝘂𝗽𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗾𝘂'𝗶𝗹 𝗱𝗶𝘁 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗿 𝗮𝘂𝗽𝗿è𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘁é𝘀 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 2023-2024. 𝗘𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗮î𝘁𝗿𝗶𝘀𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗹𝘂𝘅 𝗺𝗶𝗴𝗿𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝘀, 𝗽𝗹𝗮𝗻𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲𝘀 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰𝘀 𝗲𝘁 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝘀 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗶𝗹 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲 à 𝘂𝗻 𝗱é𝗯𝗮𝘁 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗹'𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗱𝘂 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻.

La question de l’immigration au Gabon ne date pas de la publication des derniers chiffres du recensement. Pour Amourg Bekale Nze, fondateur du Concept Freedom, elle constitue une préoccupation ancienne, sur laquelle il affirme interpeller les autorités depuis 2023-2024. Aujourd’hui, les données démographiques ravivent le débat et donnent une nouvelle dimension à ses interrogations : le Gabon connaît-il suffisamment sa population pour planifier efficacement son développement ?

Selon les chiffres avancés dans ce débat, les ressortissants étrangers représenteraient 34,1 % de la population, soit 1 200 256 personnes. Au-delà de ces statistiques, une question fondamentale se pose : comment un État peut-il anticiper ses besoins en écoles, en hôpitaux, en logements, en eau et en électricité sans disposer de données fiables et régulièrement actualisées ?

Pour le Concept Freedom, il ne s’agit pas de désigner les étrangers comme responsables des difficultés du pays, encore moins de remettre en cause leur dignité. L’enjeu est ailleurs : comprendre les dynamiques migratoires, mesurer leurs effets sur les besoins collectifs et définir une politique adaptée aux réalités nationales.

Une interpellation qui remonte à 2023-2024

En affirmant avoir attiré l’attention des pouvoirs publics sur cette question dès 2023-2024, Amourg Bekale Nze entend rappeler que le débat ne devrait pas se limiter aux réactions suscitées par les chiffres du recensement. À ses yeux, la question mérite une réflexion de fond, engagée bien avant que le sujet ne prenne une telle place dans l’espace public.

Son raisonnement repose sur une exigence de planification. Combien de personnes vivent réellement dans chaque commune et chaque arrondissement ? Les infrastructures existantes sont-elles dimensionnées pour répondre à leurs besoins ? Les capacités d’accueil du pays sont-elles suffisamment évaluées ? Et quelles mesures permettent de concilier les besoins de l’économie, les règles d’entrée et de séjour sur le territoire ainsi que les engagements internationaux du Gabon ?

Ces interrogations ne sont pas, en elles-mêmes, un rejet de l’immigration. Elles renvoient à une responsabilité fondamentale de l’État : connaître sa population pour mieux organiser les ressources et les services publics.

Le Concept Freedom estime notamment que les difficultés liées à l’eau, à l’électricité ou à la gestion des déchets doivent être examinées à la lumière de l’évolution démographique, sans pour autant négliger les autres facteurs, notamment l’état des infrastructures et les choix d’investissement.

Un patriotisme de responsabilité, pas de stigmatisation

La démarche défendue par Amourg Bekale Nze s’inscrit dans une interrogation plus large sur la place du citoyen gabonais dans son propre pays. Comment protéger les intérêts nationaux sans tomber dans l’amalgame ? Comment mieux encadrer l’immigration sans pénaliser les étrangers qui travaillent légalement, entreprennent et contribuent à la vie économique ? Et comment garantir que les politiques publiques répondent aux besoins de l’ensemble de la population ?

Pour le Concept Freedom, aimer son pays suppose aussi de poser les questions difficiles, d’interroger les décisions publiques et de réclamer des réponses précises. Cette exigence peut être qualifiée de patriotisme de responsabilité, à condition qu’elle s’appuie sur des faits vérifiables, des propositions concrètes et le respect de chacun.

Cette réflexion concerne également les autres acteurs de la société civile qui souhaitent participer au débat national. Leur rôle n’est pas seulement d’alerter, mais aussi de proposer des pistes de réflexion, d’interpeller les institutions et de contribuer à la recherche de solutions durables.

La maîtrise des flux migratoires ne signifie donc pas nécessairement la fermeture des frontières. Elle implique notamment des procédures claires, un suivi administratif efficace, le respect des lois et une meilleure connaissance des besoins du pays.

Les autorités face à leurs responsabilités

Le Concept Freedom affirme avoir saisi à plusieurs reprises les autorités, notamment le Premier ministre, et attendre une réponse à ses démarches. Le mouvement souhaite également organiser une marche afin de porter ses préoccupations dans l’espace public, dans le respect des procédures légales.

Dès lors, une autre question se pose : comment les pouvoirs publics entendent-ils répondre à ces préoccupations et transformer les résultats du recensement en orientations concrètes ? Une politique migratoire cohérente ne peut reposer uniquement sur des déclarations. Elle nécessite des données fiables, des règles compréhensibles, des moyens de contrôle adaptés et une évaluation régulière de ses effets.

Au fond, le débat engagé par Amourg Bekale Nze depuis 2023-2024 invite le Gabon à regarder sa réalité démographique avec lucidité. Il ne s’agit ni de fermer les yeux sur les enjeux migratoires ni de faire des étrangers des boucs émissaires.

La véritable question est celle-ci : le Gabon dispose-t-il aujourd’hui d’une stratégie suffisamment claire pour maîtriser son évolution démographique, protéger ses intérêts nationaux et garantir une coexistence respectueuse entre toutes les communautés ?

C’est sur ce terrain, celui des faits, de la responsabilité et du dialogue, que le Concept Freedom et les autres leaders de la société civile entendent placer le débat. Car défendre son pays, c’est aussi demander comment mieux le préparer à demain, sans renoncer ni à sa souveraineté ni aux valeurs de dignité et de respect humain.

Par Fredhérick EBIE EVOUNA 

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